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Spotify a bonne mine

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Les États se retournaient comme des chaussettes, malgré les efforts vains des pays européens qui n'avaient pas investi dans l'intelligence artificielle. Ils essayaient de légiférer en se justifiant, dans un langage basé sur la compétitivité. La France restait passive, tiraillée entre le malaise éthique et la défense de ses champions, Mistral en tête.

— Ça fait longtemps que je ne suis plus abonné, mais je pense que je vais carrément virer mes morceaux de la plateforme.

Riva ne m'écoutait pas réellement, trop concentrée sur la route.

— Franchement je le fais maintenant, t'as les codes du compte Believe ? Je ne sais plus où tu les as mis dans la Dropbox.

— Profite du paysage, je suis d'accord. Mais ce n'est pas toi tout seul qui changeras le monde. Tu vas juste te saboter. On est en Islande ! Tu m'en parles depuis des mois.

Elle lança un Go Go Smear the Poison Ivy.

Nous avions découvert Múm sur la tournée de cet album. J'avais lu par la suite que cette période du groupe avait suscité quelques critiques négatives dans la presse spécialisée. Ils semblaient tous nostalgiques de la période des jumelles.

— Justement l'Islande, c'est le même problème, ici l'électricité ne coûte que dalle et les fermes à crypto ont poussé partout. Toute cette thune aurait pu leur revenir à eux, les Islandais. Et bien, c'est pareil pour Spotify. Des IA écoutées par des bots qui récupèrent le surplus. On aurait pu se payer un hôtel de luxe plutôt qu'un camping-car à la con !

Riva riait aux éclats, moi aussi. En observant le ciel qui se couvrait, je n'ai pas vu de vaisseau spatial, ni d'ange de l'Apocalypse, juste un Airbus à la dérive orange qui s'envolait vers New York.