Lecture au coin du temps

« Birth of a new day » déposait son crachin sur la page de Comte Zéro que je n'en finissais pas d’explorer. Gibson et 2814 s’étaient déjà rencontrés entre mes murs jaunis lorsque Neuromancien me transmettait ses hyperstitions quelques semaines auparavant. En fixant distraitement Beavis & Butthead sur le poster abîmé au-dessus de mon radiateur éco-froid, je me suis souvenu du prompt qui m’avait recraché la parodie de mon propre visage. L’illusion de Stable Diffusion fonctionnait bien, on aurait pu l'imaginer apparaitre sous le logo MTV au milieu des années 90.
Le silence commençait à s'installer — je m'en apercevais en fin de page. Spotify me suggérait une playlist lecture au coin du feu. Une large sélection de titres générés par Suno, projetés dans les toplist par un système de bots marocains. À l’instar des cartoons, le réalisme aurait pu me convaincre.
Sans crachin ni étincelle, pas même une poussière, les prompt artists ne chargeaient l’atmosphère que d’absence familière. L’idée d'un titre ambiant était bien retranscrite, pour stabiliser l'humeur, mais pas de hennissements inconnus. Un pantin agité par un autre pantin. Le reflet d’un passé privé de son histoire, où tout se vaut. Lecture au coin du feu laissait ce goût sec à tousser d'un présent qui s'archive.